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L'école devra rendre des comptes sur les savoirs de base

Xavier Darcos a présenté, mercredi 20 février, les nouveaux programmes du primaire

En présentant, mercredi 20 février, ses " projets de nouveaux programmes " de l'enseignement primaire, le ministre de l'éducation, Xavier Darcos, ouvre la dernière étape d'une réforme engagée en septembre 2007 par la suppression des cours du samedi matin.

" Plus courts, plus clairs et plus ambitieux "
, comme l'affirme leur préambule, ces programmes tiendraient sur 36 pages du Bulletin officiel de l'éducation nationale, contre 104 actuellement. Destinés à se substituer, à partir de la rentrée 2008, aux programmes de 2002, élaborés sous Jack Lang et un peu modifiés en 2006-2007 par Gilles de Robien, ces textes fixent comme référence à l'école primaire le " socle commun des connaissances et des compétences ", issu de la loi d'orientation d'avril 2005.

Evaluation. Au service d'un " enseignement structuré et explicite, orienté vers l'acquisition des savoirs de base " à travers des " entraînements systématiques ", les textes réaffirment la " liberté pédagogique " des enseignants. En contrepartie, ils devront " rendre compte régulièrement des acquis des élèves ". Cette évaluation " constituera un instrument de comparaison des effets des différentes pratiques pédagogiques, mais aussi un outil de mesure incontestable des résultats de l'école ".

Apprentissages. Les programmes mettent l'accent sur les " apprentissages fondamentaux " à l'école maternelle et élémentaire. " L'appropriation du langage " et " la découverte de l'écrit " sont les principaux objectifs de la maternelle, pour laquelle une " progression " détaillée des apprentissages est proposée pour la petite, la moyenne et la grande section. Par exemple, " reconnaître la plupart des lettres " et " comprendre le principe alphabétique " font partie des objectifs de fin de grande section.

Maintenue, l'organisation de l'enseignement en cycles, paliers au terme desquels sont mesurés les acquis des élèves, est revue : le cycle 1 inclut désormais les trois années de maternelle ; le cycle 2 rassemble le CP et le CE1, et le cycle 3 (CE2, CM1, CM2) est inchangé. Les principales évaluations auront lieu en CE1 et CM2. Toutefois, pour le français et les mathématiques, des progressions annuelles détaillées sont proposées du CP au CM2.

Français. Là où les programmes de 2002 proposaient des " fourchettes ", les futurs programmes retiennent l'amplitude la plus haute pour le français : 8 heures en CP et CE1, et 10 heures en CE2, CM1 et CM2.

Ces programmes évacuent la question des méthodes d'apprentissage de la lecture, au profit des " objectifs " énoncés dans les progressions annuelles, chaque enseignant étant libre de les atteindre à sa façon. Au cours préparatoire, il est indiqué que " le code alphabétique doit faire l'objet d'un travail systématique dès le début de l'année ". Mais l'indication sur la marche à suivre par les enseignants est volontairement des plus ouvertes : " Les élèves s'entraînent à déchiffrer et à écrire seuls des mots déjà connus. " Contrairement à ce que préconisent les défenseurs de la syllabique pure, la nécessité de maîtriser dès le CP des " mots outils " (comme " qui ", " après ", " sans ", " trop ", etc.) est reconnue.

La fin de l'observation réfléchie de la langue (ORL), une des notions les plus contestées des programmes de 2002, est consacrée. Ces projets de programme réhabilitent la " leçon de grammaire " et précisent, pour chaque classe, les notions à acquérir, en s'efforçant d'éviter les excès de jargon. La " récitation " est à nouveau affichée dès le programme de CP et CE1 et la " rédaction " est à l'honneur au CE2, CM1 et CM2, en lieu et place de la " production d'écrits ". Les progressions souhaitées en grammaire de classe en classe sont indiquées en détail. La nécessité d'une " attention permanente portée à l'orthographe " est affirmée.

Mathématiques. Le ministère assure que ses propositions marquent un " net renforcement " de l'importance accordée aux techniques opératoires. Mais les associations qui réclamaient l'introduction dès le CP des quatre opérations (addition, soustraction, multiplication, division) n'ont pas eu gain de cause : la division n'est abordée qu'au CE1.

Langues, art et morale. Une " première sensibilisation " à une langue vivante est prévue dès le CP. L'histoire des arts, chère à M. Darcos, est introduite dans ces programmes, qui font aussi une place à " l'instruction civique et morale " prônée par Nicolas Sarkozy dans son discours du 15 février.

En CP et en CE1, les élèves " acquièrent une première compréhension des symboles de la République ". Ils devront apprendre " notamment à reconnaître La Marseillaise et à se lever lorsqu'ils l'entendent " et " découvrir les principes de la morale ", lesquels " peuvent être présentés sous forme de maximes illustrées ". Au cycle 3, et dans une tonalité plus consensuelle, " l'importance de la règle de droit " est développée, la francophonie et l'Union européenne sont étudiées.

Luc Cédelle (Lemonde.fr  - 21 février 2008)
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