Comment publier des évaluations amputées, c'est le casse-tête de la rue de Grenelle. Selon Le Figaro, les évaluations de CM2 devraient être publiées fin mars. Le Figaro cite Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire, qui affirme avoir reçu plus de 500 000 remontées (75% du total).
Contrairement à ce que laisse entendre le quotidien, le syndicat des inspecteurs Unsa (SIEN Unsa) confirme les pressions exercées par la hiérarchie pour faire rentrer des évaluations ou les manipuler. Elles ont été dénoncées récemment également par le syndicat des inspecteurs FSU. Selon le SIEN Unsa, "l'autorité hiérarchique locale n'hésite pas à solliciter les IEN pour des manipulations curieuses, discutables ou franchement malsaines ! Faire remonter des chiffres semble être devenu la priorité des départements et des académies. Tous les moyens semblent bons pour les obtenir : la menace (retrait de salaire, rappel des obligations des fonctionnaires...), la ruse (transformation des cotations inexploitables en un zéro qui ne veut rien dire mais qui est informatiquement exploitable) ou la « force » (« descente » d'un IEN éventuellement accompagné de ses conseillers pédagogiques)". Le SIEN Unsa invite les inspecteurs à résister à ces pressions. "Veillons à pouvoir retourner dans les écoles la tête haute et sans qu'ait été entamé le contrat de confiance qui nous lie aux enseignants" écrit-il tout en promettant son appui aux IEN qui seraient inquiétés.
On se rappelle que ces évaluations bilan passées en cours d'année ont vivement inquiété les enseignants et suscité des formes très variées d'opposition. Dans de très nombreuses écoles, les évaluations n'ont été passées que très partiellement. On voit mal quelle exploitation le ministère pourrait faire de données dont la qualité est dès maintenant mise en doute.
Source : le café pédagogique