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M. Sarkozy veut " parvenir à un accord " sur le service minimum d'accueil


Au congrès de l'Association des maires de France, jeudi, le chef de l'Etat a opposé les élus ruraux à ceux des grandes villes

 

Nicolas Sarkozy découvre la France rurale. L'ancien maire de Neuilly et ancien président du conseil général des Hauts-de-Seine, a reconnu devant le congrès de l'Association des maires de France, qu'il avait " un caillou dans - son - soulier, le problème de la ruralité ". " Pourquoi n'est-on pas capable de mettre en oeuvre une politique d'aménagement du territoire adaptée à un monde rural qui ne perd plus de population mais en gagne ? " s'est -il interrogé.

 

Dans le conflit sur le service minimum d'accueil (SMA) dans les écoles en cas de grève, qui empoisonne les relations entre le gouvernement et les élus depuis plusieurs mois, il a joué les maires ruraux contre ceux des grandes villes, plus politisés et majoritairement socialistes. " On ne peut pas demander la même obligation au maire d'un secteur rural qui n'a pas un seul employé titulaire du BAFA - brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur - qu'au maire de la capitale de la France. " Allusion directe à Bertrand Delanoë qui refuse d'appliquer le SMA. " Je fais la différence entre celui qui ne peut pas appliquer la loi et celui qui en fait un acte militant ", a insisté le président de la RépubliqueContrairement à son premier ministre, sifflé par les maires mardi, M. Sarkozy a été applaudi à plusieurs reprises. Surtout lorsqu'il a annoncé des aménagements du SMA et l'annulation des référés déposés par les préfets contre les maires n'appliquant pas la loi. " On doit parvenir à un accord, y compris sur les référés, a-t-il expliqué. Je comprends parfaitement le sentiment d'injustice des maires traînés devant les tribunaux, alors qu'ils n'ont pas les moyens de mettre en oeuvre le dispositif. Je veux, dès la semaine prochaine, recevoir le bureau de l'Association des maires de France, avec les ministres concernés, y compris le ministre de l'éducation nationale. "Applaudissements nourris dans la salle, qui n'a toujours pas digéré l'absence pendant tout le congrès de Xavier Darcos, principal auteur du SMA. En clair, c'est un recul sur une loi que les élus n'ont toujours pas acceptée."

 

CATASTROPHE "

 

Les élus UMP n'osent pas se montrer trop critiques. Le maire de Bordeaux, Alain Juppé reconnaît qu'il y a " des difficultés d'application " et qu'il faudra " une évaluation ". Les élus socialistes des grandes villes mettent en avant les compensations financières insuffisantes versées par l'Etat. " Sur la base d'un adulte pour 20 enfants, il faudrait ainsi mobiliser 900 personnes, ce qui excède très largement les possibilités de la Ville qui emploie 530 personnes aux côtés des enseignants ", note Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg.De leur côté, les maires ruraux évoquent la sécurité des enfants et la responsabilité des élus. " J'ai 160 enfants dans mon école, témoigne Jean-Claude Castagnier, maire d'Issigeac en Dordogne. Pour l'instant, je peux compter sur deux aides maternelles. Si le nombre d'enfants à garder en cas de grève passe à 80, ce sera la catastrophe. En cas d'accident mortel, c'est moi qui serai responsable devant la justice et devant mes administrés, pas le gouvernement ! " Xavier Ternisien

 

Sourc e:  le monde

Article signé par Xavier Ternisien dan le monde 2008

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