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Création d’un Conseil Local de la Santé

M. JOMIER, rapporteur, indique que depuis septembre 2005, un Conseil de Santé se réunit à l’initiative de la Mairie du 19e arrondissement. Ce conseil est unique dans la capitale.

Les questions de santé sont du ressort de l’Etat, de plus en plus de celui de la Région, et les compétences en matière d’hygiène publique relèvent traditionnellement du Département. Depuis quelques années, les questions de santé sont de plus en plus prises en charge par les collectivités territoriales. Ainsi, des villes abordent la question de l’accès aux soins avec des dispositifs d’aide, destinés à maintenir ou aider l’installation de professionnels de santé, mais également des programmes locaux de santé publique qui visent à répondre à des problèmes particuliers.
Dans le 19e arrondissement, la démarche est participative. Le Conseil réunit aussi bien des représentants du secteur public que des professionnels libéraux, des généralistes que des spécialistes de santé mentale ou de nutrition par exemple, des associations de lutte contre le sida ou le cancer.

Un outil de communication existe d’ores et déjà autour de cette initiative. Il s’agit de la Lettre Infos santé 19, qui parait trois fois par an. Cette lettre est à destination de tous les professionnels de l’arrondissement. Elle représente un outil de mise en réseau des expériences et des initiatives dans le 19e arrondissement
Deux commissions s’y sont créées à ce jour. Sous l’impulsion de ses membres, le Conseil de santé a désigné comme prioritaires deux chantiers pour l’arrondissement : la nutrition et le mal-être des adolescents.

 Par l’entremise du conseil, des professionnels et associatifs ont ainsi pu se rencontrer et faire émerger des projets nouveaux. En ce qui concerne le mal-être des adolescents, la plate forme Paris Nord Est est un acteur important du Conseil. Un travail concerté est mis en place pour qu’un lieu ressource soit créé pour les adolescents. Pour les questions de nutrition, un programme a été mis en place. Il débutera cet automne et souhaite atteindre les familles.
M. JOMIER rappelle que le 19e arrondissement a vu des mobilisations
locales, notamment lors de la création du réseau  saturnisme ou avec la création de la maison médicale de garde. Actuellement, il existe deux autres maisons médicales de garde : une dans le 14e et une dans le 16e.

Ces dispositifs permettent de mieux coordonner l’accès aux soins.
Il s’agit, lors de cette séance, de formaliser l’existence du Conseil de Santé. M. JOMIER est persuadé que ce type de structure est amené à se multiplier.

M. VUILLERMOZ approuve les propos de M. JOMIER. Il ajoute qu’il regrette d’une part la diminution des crédits de l’Etat allouée à la psychiatrie, financements difficilement remplaçables par des financements privés, et d’autre part la situation dramatique du centre de santé, sis rue Clavel.

M. CHICHE approuve la création de ce Conseil. Il souhaite, cependant, attirer l’attention du Conseil d’arrondissement sur le nombre important de conseils qui ont été créés sous cette mandature. Il craint que ces structures ne travaillent de manière cloisonnée. Or, les sujets abordés, notamment par le Conseil de Santé, peuvent toucher un public plus large.
M. CHICHE pense qu’un travail de concertation entre les structures doit être envisagé. Enfin, il pense que la création d’une maison de l’adolescence est une bonne chose pour le 19e arrondissement.

M. GIANNESINI approuve la création de ce Conseil. Il suggère que ce dernier se rapproche de la mission locale du 19e, qui accueille de nombreux jeunes en difficulté et connaît leurs problèmes notamment en matière de santé.

M. BLET félicite le Maire pour cette initiative, et l’excellence de la délibération. La question de la santé a vocation à être transversale.
Il reconnaît, ainsi que l’a soulevé M. VUILLERMOZ, le problème de la déshérence de la psychiatrie en France. Cette déshérence résulte de différentes causes : le manque de crédits de l’Etat, le manque d’hôpitaux psychiatriques et les réformes des années 90. Cela réduit les modes de prise en charge qui pourraient être une alternative à l’internement des individus. Ce phénomène a des répercussions sur l’assistance sociale.

M. JOMIER souligne que l’originalité du Conseil de Santé est de permettre la discussion entre des professionnels de santé et le grand public : ce qui est une méthode inhabituelle dans le domaine de la santé.

Les 16 et 17 mars 2007 la première édition des “deux jours pour notre santé” a eu lieu. Durant ces deux journées, les locaux de la mairie ont té entièrement dédiés à la prévention et aux questions de santé. Plus d’un millier de personnes ont assisté aux débats, ateliers pratiques et stands d’information présents dans la mairie et sur le parvis. La réussite de ces deux jours montre qu’il existe une demande réelle de rencontre entre la population et les professionnels de santé autour des enjeux sanitaires.

Paris est largement au-dessus de la moyenne nationale en terme d’équipements et de professionnels de santé, le 19e arrondissement est lui en dessous de cette moyenne. Le secteur de la santé mentale, le plus sinistré, est un secteur où l’offre publique est sous financée. Il reste, dans le 19e arrondissement, 9 psychiatres libéraux. Le travail en réseau permet de pallier ce déficit, mais tant que les financements, privés et publics, ne seront pas plus importants, la dégradation de ce service de santé continuera.

L’enquête, menée sur l’initiative du Conseil Régional, sur la santé de la population d’Ile de France et sur un certain nombre de communes et un arrondissement : le 19e a montré que les conditions sociales et environnementales avaient un impact sur la santé de la population.

M. MADEC met aux voix le projet de délibération qui est adopté à l'unanimité.
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