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Programmes: inquiétude des profs sur un retour à la "classe à l'ancienne"

Actuellement soumis à concertation, les nouveaux programmes du primaire, symptomatiques selon de nombreux enseignants d'un retour de la "classe à l'ancienne", figuraient en bonne place mercredi dans les revendications des professeurs des écoles appelés à une journée d'actions.

Présentés le 20 février par Xavier Darcos, ces programmes, qui modifient ceux de 2002 et s'appliqueront à la rentrée, se veulent "recentrés sur l'essentiel" et sont censés, affirme le ministre, "diviser par trois" le nombre d'élèves qui entrent en 6e sans lire correctement.

Ils sont actuellement, et jusqu'au 29 mars, soumis par les inspecteurs de l'Education nationale à la concertation des enseignants pendant une demi-journée.

"Nous avons pour le moment peu de remontées des collègues car ces demi-journées ont encore peu eu lieu mais la profession n'est pas convaincue que le ministre tiendra compte de leurs avis", a expliqué à l'AFP Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU (majoritaire), à l'origine de la journée d'actions.

"C'est pourtant leur grand sujet de préoccupation", a-t-il ajouté.

Depuis leur présentation il y a un mois, les commentaires vont bon train sur ces programmes.

Les syndicats d'abord, y ont vu un retour au "bonnet d'âne et la blouse grise" des années 50, au détriment d'"une école qui innove, qui donne goût de la vie, qui est gaie et qui épanouit".

Ils déplorent que "l'instruction civique et morale" vienne remplacer "l'éducation civique", laquelle comprendra par exemple l'apprentissage des formules de politesse, des usages du vouvoiement ou de maximes de morale. Même en maternelle, est évoqué un "apprentissage d'un comportement conforme à la morale".

Regrettant, "une conception mécaniste des apprentissages", 19 organisations (dont le SE-Unsa, le Sgen-CFDT, les parents d'élèves FCPE, la Ligue de l'enseignement) ont demandé au ministre de "revoir profondément" son projet.

Peu banal encore: dans un article paru la semaine dernière, Jack Lang et Luc Ferry, anciens ministres, ont critiqué un "populisme scolaire", et appelé au sens des responsabilités de Xavier Darcos pour qu'il revoit sa copie.

Sur le site internet du SNUipp, les chercheurs ne sont pas en reste. Pour le pédagogue Philippe Mérieu, "plutôt que de favoriser l'éducation et la pédagogie, les programmes cèdent à la tentation de la contention disciplinaire" (cloisonnement par discipline).

Sur l'enseignement de l'Histoire, le chercheur à l'Institut national de recherche pédagogique, Benoît Falaize, note "une dimension plus clairement franco-centrée de l'histoire", proche de la IIIe République, quand les programmes de 2002 étaient axés sur "l'ouverture à l'histoire européenne et méditerranéenne".

Côté mathématiques enfin, Roland Charnay, chercheur en didactique des maths, qui a fait partie du groupe d'experts sur les programmes de 2002, regrette l'introduction de la soustraction au CP, estimant qu'elle ne peut "s'apprendre intelligemment" qu'à partir du CE2.

Interrogé sur le crédit qu'il offrait à tous ces avis, le ministère, qui a mis en ligne jusqu'à la fin du mois sur son site internet une consultation du grand public - traitée par l'organisme Opinionway -, a assuré mercredi que "le cas échéant", s'il y a "consensus sur une remarque", celle-ci serait "traitée".

Source :
www.vousnousils.fr (20 mars 2008)

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