521 000 REÇUS EN 2007
LE BACCALAURÉAT a tout juste 200 ans : il date du décret du 17 mars 1808 sur l'enseignement public en France, signé par Napoléon Ier. A la première session, l'année suivante, trente et un candidats furent reçus. En 2007, sur 626 000 candidats, 521 000 ont été reçus, soit un taux de 83,3 %.
Contrairement à une idée répandue, ce taux ne signifie pas que le but de conduire 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac, énoncé en 1985 par Jean-Pierre Chevènement, serait atteint. La loi d'orientation d'avril 2005 a réitéré cet objectif. La proportion de bacheliers dans une génération est aujourd'hui de 63,6 % (chiffre 2007).
La progression a d'abord été lente : il a fallu soixante-dix-huit ans pour, en 1886, dépasser les 1 %. En 1931, les bacheliers étaient 2,5 % de leur génération.
Le décollage commence avec l'amorce de la " massification " scolaire : 5,3 % en 1951, 11,2 % en 1961, 15,4 % en 1967. La création des bacs technologiques, en 1968, permet d'atteindre les 20,1 % en 1970. En 1985, la proportion atteint 29,4 %. Avec la généralisation simultanée du bac général, du bac technologique et du bac professionnel (créé en 1985), un immense palier est franchi en dix ans : en 1995, la part des bacheliers dans une génération atteint 62,7 %. Elle n'a pas beaucoup progressé depuis.
En revanche, la traditionnelle querelle du niveau s'est accentuée ces dernières années. Ceux qui jugent qu'il est en baisse affirment que le bac est " distribué ". Mais la seule baisse attestée est celle du niveau en orthographe. Pour le reste, l'appréciation est malaisée car l'évolution du type de bacheliers - d'une élite scolaire à la majorité des élèves - tend à faire diminuer la moyenne, tandis que le contenu des acquis varie dans le temps et en fonction du type de baccalauréat.
BAC " TRAITEMENT DE SURFACES "
En 2007, 34,3 % d'une génération ont obtenu un bac général, 16,7 % un bac technologique et 12,6 % un bac professionnel. " Le bac est un véritable examen, pas du tout bradé ", affirmait en juin 2007 le ministre de l'éducation, Xavier Darcos. Au lycée professionnel Condorcet, à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Marie-France Santoni-Borne, proviseur, et Jacques Terquis, proviseur adjoint, partagent ce point de vue. " Un élève très bon dans les matières professionnelles et très mauvais en culture générale ne pourra pas le décrocher ", assurent-ils.
Parmi les spécialités préparées dans ce lycée figure le bac TRS ou " traitement de surfaces ". Les surfaces sont celles d'objets en métal ou en matière plastique, traitées par électrolyse : poignées de porte, mitigeurs, pommeaux de changement de vitesse, pièces d'orfèvrerie... Très pointu, le bac TRS ne compte que quelques dizaines de candidats en France. Représentatif de la diversité des bacs professionnels, il fait partie des quarante-huit spécialités, sur un total de cinquante-huit, qui présentent moins de trois mille candidats chaque année.
A l'opposé, les bacs professionnels commerce, comptabilité et secrétariat affichent des chiffres supérieurs à quinze mille candidats.
Le bac TRS mène à coup sûr à l'emploi. " Lorsque nos élèves partent en stage, indique M. Terquis, nous devons contrecarrer les employeurs, qui voudraient déjà les embaucher en durée indéterminée et à de bons niveaux de salaire. " Ils deviennent ensuite chefs d'équipe, parfois créateurs d'entreprise. " Les familles doivent savoir, ajoute Mme Santoni-Borne, qu'on peut faire d'excellentes études dans la voie professionnelle. "
Luc Cédelle (LeMonde.fr - 18 mars 2008)