En décidant de réduire l'horaire des écoliers à partir de la rentrée 2008, Xavier Darcos, le ministre de l'éducation nationale, a dressé contre lui les enseignants du collectif Sauver les lettres. Celui-ci ne revendique que 400 adhérents, mais il est, depuis sa création en 2000 contre les " réformes Allègre ", le fer de lance de la contestation du " pédagogisme ". Par son militantisme opiniâtre et par les réseaux d'influence qu'il mobilise, son poids est important dans les débats sur l'éducation.
La décision de M. Darcos " marque une nouvelle étape dans la destruction de l'enseignement élémentaire ", a estimé, lundi 1er octobre, Sauver les lettres. Le collectif n'est nullement convaincu par l'argument selon lequel les heures d'enseignement supprimées le samedi matin seront consacrées aux élèves en difficulté : selon lui, ce " moins d'école " n'aboutira qu'à " accentuer l'inégalité scolaire ".
Le collectif est persuadé que " le seul but de l'opération " est de supprimer des postes, en particulier ceux des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté. Outré de voir le ministère présenter la réduction horaire comme la pierre angulaire de la refondation de l'école, il conclut que " cela ressemble plutôt à une liquidation ". Depuis la rentrée, le collectif avait déjà " l'impression " que M. Darcos, autrefois proche de ses positions, n'était " plus qu'un rouage du rouleau compresseur du dégraissage de la fonction publique. "
Sauver les lettres réclame la refonte des programmes du primaire et leur recentrage sur les " fondamentaux ". Le collectif partage cette revendication avec une pléiade de personnalités et d'associations qui, entre les deux tours de l'élection présidentielle, avaient lancé un " Appel pour la refondation de l'école " (Le Monde du 20 avril 2007). Le collectif ne s'y était pas associé pour ne pas mêler sa voix à celles des " libéraux ".
Luc Cédelle - LeMonde.fr
(Octobre 2007)